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Le projet d'un foyer pour
personnes âgées pour le Val Terbi a été lancé en 1985.
Un groupe se constitua en fondation
de droit privé sans but lucratif et prit le nom du quartier, "Les
Toyers".
L'idée de la Fondation était de
bâtir un bâtiment sobre mais de qualité, constitué uniquement de chambres
individuelles, dans un décor privilégiant la nature et la lumière naturelle.
L'institution fut baptisée
Résidence Les Pins, en effet, des pins
se trouvaient sur le lieu.
Le premier coup de pioche fut
donné en 1991 et l'inauguration du bâtiment, doté de 28 chambres, eut lieu en
1993.
Depuis lors, La Résidence a
beaucoup progressé en matière de prise en charge des personnes âgées.
En 2002, un appartement de fonction
a été supprimé, permettant ainsi l’ouverture de 5 chambres supplémentaires.
Le fait de disposer de chambres
individuelles spacieuses, d’un personnel soignant compétent et de services
socio-hôteliers de qualité, rend La Résidence attractive.
La liste des demandes
d’admissions s’allonge et le Conseil de Fondation souhaite la continuation du
développement de l’institution dans le but initial de La Fondation, les
services aux personnes âgées.
Le Conseil de Fondation se doit
de développer l’institution pour répondre aux besoins actuels et prévisibles de
la population âgée, en respectant les orientations de la planification
médico-sociale cantonale. Il a ainsi pris la décision d’ériger un nouveau
bâtiment jouxtant l’actuel afin de créer une unité de vie de psychogériatrie de
16 places.
Qu’est-ce
qu’une unité de vie de psychogériatrie ?
Ainsi que son nom l’indique,
c’est avant tout un lieu de vie.
L’ordonnance sur l’organisation
gérontologique du 14 décembre 2010 de la République et canton du Jura définit
ainsi les unités de vie de psychogériatrie :
Ce sont des structures
spécialisées dans la prise en charge de personnes souffrant de troubles
cognitifs majeurs ou du comportement compromettant la vie en collectivité.
Pour son unité, La Résidence Les
pins précise cette définition :
La prise en charge des patients atteints de la maladie d'Alzheimer
nécessite une véritable spécialisation, non seulement du personnel médical mais
également de l'ensemble de l'équipe.
Du fait du manque de repères qui touche souvent ces personnes malades,
elles ont besoin d’un environnement adapté qui n’existe pas dans une structure
EMS traditionnelle dans lesquelles les contentions physiques ou chimiques qui
vont retentir sévèrement sur l'état de santé des personnes avec un risque
important de grabatisation, sont souvent la seule solution possible.
Les unités de vie spécialisées en psychogériatrie constituent un lieu
privilégié pour accompagner les personnes atteintes par la maladie d'Alzheimer,
pour permettre une activité de soins, pour mieux comprendre la maladie
elle-même et ainsi, faire progresser notre capacité à mieux la gérer et par là,
permettre au malade une meilleure qualité de vie.
Cinq critères sont indispensables
pour pouvoir réellement parler d'unités de vie de psychogériatrie (UVP):
1° La population de résidants est bien ciblée.
Tous les types
de démences et tous les troubles du comportement ne peuvent pas être mis en
commun.
2° L'environnement architectural est adapté.
Il doit
permettre d'éviter les explorations solitaires dangereuses et les accidents
tout en conservant un maximum de liberté pour le résidant et sa famille. Il
doit en tout temps permettre aux résidants de se promener sans entrave. Il doit
être pensé de façon à détendre le résidant et à l'aider dans son orientation.
Il doit aussi permettre une activité occupationnelle aussi adaptée que
possible.
3° Le personnel est formé spécifiquement et entraîné.
La formation du
personnel est un élément essentiel, car un personnel bien formé saura diminuer
les situations qui peuvent mettre le résidant sur la défensive, notamment lors
de la toilette ou de la prise des repas.
En tant qu'être
humain, être formé c'est aussi ne plus subir la maladie de façon impuissante,
mais savoir la reconnaître.
4° La famille est intégrée au processus d'accompagnement et de soins.
La maladie
d'Alzheimer touche la famille. Il est fondamental de l'informer.
Dans la mesure
du possible, il faut l'intégrer aux processus de soins, mais aussi au partage
des repas et aux activités physiques et occupationnelles.
5° Le plan / projet de soins est spécifique.
Chaque unité
doit avoir un plan de soins spécifique afin d'optimiser la qualité de vie du
résidant et de sa famille. (Informations, évolution de la maladie, liens
sociaux et activités)
Pourquoi
construire une UVP ?
Depuis plusieurs années nous
sommes confrontés, au quotidien, à la difficulté de prendre en charge des
personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer à La Résidence dans le même lieu
de vie que les autres personnes âgées. Cet état de fait induit une situation
mal vécue par les uns et les autres.
En 2007, nous avons mené une
étude qui prend en compte les projections démographiques éditées par l’office
fédéral de la statistique et les probabilités d’être touché par la maladie
d’Alzheimer et, cas échéant, la nécessité d’être pris en charge en institution.
Sans entrer dans tous les détails
de l’étude, il en ressort que :
Compte tenu du vieillissement
prévisible de la population et du fait que près d’une personne sur trois
développe la maladie d’Alzheimer au-delà de 90 ans et qu’une de ces personnes
sur quatre devra être prise en charge en institution, le nombre de places
nécessaires, pour le canton du Jura, avoisinerait les 250 en 2020.
Nous avons comparé nos résultats
avec ceux d’autres études réalisées sur le plan national, mais aussi européen
et les chiffres concordent.
Les
premiers résultats des études
menées par la République et canton du Jura (RCJU), en vue
d’établir la
planification médico-sociale, ont été
présentés en avril 2008 et estimaient le
besoin à 180 places à l’horizon 2015. Une
étude plus approfondie et plus
récente commandée par la RCJU à
l’été 2011 évalue le besoin à 244
places pour
2022.
Toutes ces études, utilisant des
méthodes et des bases de données différentes, convergent et illustrent toutes
un déficit important de places, puisqu’à ce jour, le canton du Jura dispose
d’une petite cinquantaine de places.
La création de 16 places UVP
répond donc à un besoin urgent de la population et s’inscrit pleinement dans le
sens de la planification médico-sociale cantonale.
Le résidant au
centre de nos préoccupations.
Que ce soit en établissement
médico-social (EMS) ou en unité de vie de psychogériatrie (UVP), La Résidence
Les Pins a pour vocation principale d’être un lieu de vie, et ainsi de
favoriser, maintenir et renforcer les liens sociaux que créent ensemble
résidants, familles, aidants et intervenants extérieurs. La synergie entre
toutes ces ressources humaines et professionnelles disponibles, rend possible
la réalisation au quotidien, du projet d’établissement. Celui-ci articule
autour du résidant, le projet de soins individuel, le projet de vie, fondé sur
la participation et l’échange, et enfin le projet hôtelier, axé sur la qualité
de service.
Cela
signifie pour les équipes de La Résidence Les Pins, composées de personnels
soignant, hôtelier, d’encadrement, d’animation ou d’accueil, un travail
interdisciplinaire permanent autour de chaque individu : préserver l’autonomie
par le respect de l’individu, favoriser l’expression par l’écoute, maintenir le
lien social par la participation.
Le
résidant, le malade d’Alzheimer, est une
personne. Même si sa compréhension de la réalité s’altère, sa personnalité
demeure unique et sa valeur en tant qu’individu reste infinie.
En
dépit des troubles cognitifs, elle perçoit pleinement tout l’éventail des
sentiments (peur, sérénité, tristesse, joie). De même, elle peut admirer la
nature ou prendre du plaisir à écouter de la musique. Elle peut aimer, aider,
prendre du plaisir à partager ou éprouver de la compassion.
A ce
jour, il n’existe pas de thérapie permettant de guérir de la maladie
d’Alzheimer, il n’est donc pas possible de retrouver les capacités cognitives
perdues. En revanche, et c’est là notre projet, il est possible de reconstruire
une relation nouvelle et évolutive entre la personne atteinte par la maladie et
son environnement physique et affectif.
Une
construction interdépendante de qualité
Le
projet a été développé en recherchant toutes les synergies possibles avec le
bâtiment existant.
Outre
la création d’une UVP de 16 places, le bâtiment futur abritera également une
cuisine de production pour l’ensemble de La Résidence ainsi qu’une cafétéria.
Dans
le bâtiment existant, la buanderie sera agrandie et optimisée. La production de
chaleur actuel sera remplacé et chauffera les deux bâtiments.
Fidèle
à sa philosophie, La Fondation construit un bâtiment sobre, non luxueux, mais
de qualité et efficace.
De dimensions modérées et faible
consommateur d’énergie, l’immeuble aura un impact minimal sur son environnement.
Le sous-sol abritera les
vestiaires du personnel, les stocks et les locaux techniques.
Le rez-de-chaussée accueillera la
cuisine de production, la cafétéria et le lieu de vie des résidants. Le
terrain, plat, permettra un aménagement spécifique idéal pour notre unité.
Les chambres individuelles des
résidants, toutes équipées de sanitaires complets (lavabo, WC, douche), sont
regroupées au 1er étage.
Le Conseil de Fondation a choisi
le bureau d’architecture Villatype SA pour établir les plans du bâtiment et
pour assumer la direction générale des travaux.
La durée des travaux de
construction devrait s’étendre sur une période de 18 mois pour s’achever au
printemps 2013.
Le projet dans sa globalité, UVP,
aménagements extérieurs, cuisine de production, cafétéria, buanderie et
remplacement de l’unité de production de chaleur, représente un investissement de
6 millions de francs. Il est financé par des fonds propres de La Fondation
d’une part, et par un emprunt bancaire d’autre part.
La Fondation ne bénéficie
d’aucune subvention et assume la totalité des charges des investissements par
les seuls revenus de son exploitation.
Par ce développement, La
Résidence Les Pins souhaite apporter à la population âgée de la région une
palette de prestations adaptée à ses besoins et assurer aux familles une
proximité avec leurs aînés institutionnalisés. Cette réalisation profitera
aussi à la population active puisqu’elle créera également une quinzaine de nouveaux
emplois dans les domaines des soins et hôteliers.
Vicques, le 29 août 2011
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